La route continue, l’approche des montagne se fait sentir : il n’y a plus de réseau cellulaire donc me voilà coupé du monde moderne. La prochaine ville qui se présente à moi est Lillooet, une petite bourgade au bord des lacs et de l’eau.
Arrivé par la route qui longe le lac Seton, je remarque ce lieu qui me parait idéal pour y passer la nuit ; seulement voilà des barrières indiquent que le parc ferme à la tombée de la nuit… Je m’y installe quand même et attends de voir s’il va vraiment y avoir un agent qui va vérfier que tout le monde a bien quitté le parc.
Après m’être installé, je pense que l’affaire est dans le sac : la vue est magnifique sur le lac ! Seulement vers 22h, des phares viennent me déloger ; je suis surpris par la gentillesse du garde qui m’indique qu’il y a un camping accessible à quelques mêtres de là. La bonne surprise fût que ce camping est gratuit, c’est en fait un terrain vague mis à disposition des voyageurs ; génial et en plus ça sent bon les pins ! La nuit fût agréable et j’ai pu trouver une nouvelle position dans la voiture qui m’a permis de dormir plus que d’habitude.
Je visite Lillooet en début de matinée en emprûntant un sentier qui surplombe la petite ville.
Les papillions qui volent par dizaines se chamaillent.
Je recroise les motocross que j’avais dépassé en démarrant la rando.
La suite du sentier offre quelques paysages sympatiques.
Une fois rentré, je décide de manger dans un parc. Voilà qu’à peine sorti de la voiture, une puissante grêle s’abât sur la ville.
Je m’en sors finalement, content que la voiture n’ai rien. La route est très intéressante, entre montagnes, chemins de fer et petits lacs de montagne.
Kamloops
Un peu avant d’arriver à Kamloops, la route longe le Kamloops Lake et offre un superbe point de vue sur le lac.
Les trains ici sont très utilisés comme transport de marchandises. Ils sont aussi longs qu’en Australie, ils peuvent atteindre 1km en longueur.
Il est 17h, je commence à chercher un lieu pour passer la nuit. Au dessus de Kamloops se trouve les prairies du “Lac du Bois” ainsi je décide d’aller voir.
La route est un peu chaotique pour y aller ; c’est bon signe. Les couleurs sont très vives car la lumière est intense.
Quand on vit dans sa voiture, il n’y a pas énormément de possibilités le soir : trier les photos et écrire un peu le blog ; et hop, au lit.
Etant donné que je me couche tôt, je me lève tôt. Ainsi, ce matin là, vers 6h du matin, je me réveille au son des bruits environnants : divers oiseaux, pivers, hiboux, écureuils et autres…
La nuit a été fraiche : pare-brise gelé et le 0 degré affiché par la voiture. Je me promène autour des lacs qui fument déjà car l’eau, chauffée la journée, est plus chaude que la température extérieure du matin.
Le soleil chauffe tellement qu’il produit de la vapeur d’eau lorsqu’il tape sur une zone humide ! On peut voir cet effet sur la photo suivante.
Toujours accompagné de bruits d’oiseaux.
Wells Gray Provincial Park
Je continue la route pour arriver dans la ville de clearwater, porte d’entrée du parc Wells Gray. Avant d’y entrer, je fais un tour à l’office de tourime où l’on me donne beaucoup d’informations, dont une route non goudronnée qui donne sur une longue marche ainsi que je peux y passer la nuit sans payer l’emplacement : je me dis “parfait !”.
C’est parti pour parcourir ladite route longeant la rivière sur sa rive droite. Elle n’est pas goudronnée et j’avoue qu’elle n’est pas facile ; en même temps c’est une des plus agréable route à conduire dans sa vie : chemin de terre humide avec une forêt de pins de chaque côté. C’est utile d’avoir loué un 4x4 - ça plairait à Patrick.
Je croise quelques petites chutes d’eau mais aucune autre voiture ni aucun signe de vie humaine de ce côté de la rivière. La chute d’eau annoncée sur le plan n’est pas indiquée, je continue. Au kilomètre 31 (bientôt la fin), un petit sapin est allongé sur la route : je sors tout de suite mon couteau suisse - merci pour le cadeau - qui permet de découper cet arbre : d’un coup, une armée de moustiques vient me sauter dessus… Je me dépèche comme je peux pour tailler l’arbre afin qu’il puisse casser et me laisser passer mais les petites bêtes ne me laissent pas tranquille : une fois de retour dans la voiture, j’en écrase un - il s’avère qu’ils sont énormes - et j’en découvre une trentaine d’autres déjà installés dans les recoins de la voiture ! Il me faudra plusieurs heures pour tous les déloger. Il s’avère d’ailleurs qu’il existe plus de 30 espèces de moustiques dans ce parc - effrayant.
Arrivé au bout de la route, je découvre un lieu magnifique mais tout autant rempli de moustiques.
Des panneaux indiquent la présence d’ours ainsi que les bons réflexes à avoir lors d’une rencontre… Ce n’est pas bon signe, surtout que j’ai de la nourriture dans la voiture et que ces grosses bêtes ont un odorat très développé. Finalement, je laisse tomber la randonnée au bout de la piste - déconseillée quand on est seul - et je préfère rebrousser chemin.
Je repars donc, mon nouveau but est de trouver un autre lieu pour dormir de l’autre côté de la rive. Au niveau du deuxième virage j’aperçois une masse noire sur la route !!! DINGUE… J’avance doucement et là, je vois un énorme ours brun en plein millieu de la route !!! OUAH !!! C’est impressionnant.
Que faire ? Il y a un petit espace pour dormir juste à côté, l’ours l’a déjà peut-être exploré… Je le vois se cacher dans les fourages au bord de la route. Je décide de passer mon chemin et de continuer la route. Incroyable sensation de voir un ours dans son habitat naturel !
Il est déjà 7 heures du soir, il faut que je trouve un espace pour dormir mais j’ai encore beaucoup de route. Après 1 heure de piste, je reprends la partie plus visitée du parc à la recherche du second lieu indiqué par l’office de tourime pour passer la nuit.
A peine arrivé sur place, que vois-je ? Un petit ourson brun !!! Ah… Trop mignon… Mais trop dangereux de passer la nuit ici. Je rebrousse à nouveau chemin : je n’ai pas le choix que d’aller dans un camping traditionnel. La nuit sera facturée 27 CAD (18.60 euros).
Le lendemain je repars tôt et explore enfin le parc tranquillement.
Je découvre des superbes chutes d’eau.
Enfin arrivé au bout de la route, je suis récompensé par un décor calme : le lac Clearwater.
Mont Robson National Park
Je continue ensuite en direction des parcs nationaux qui m’ont fait venir au Canada : les lacs Banff et Jasper. Je n’y suis pas encore car je tombe sur la route magnifique après la ville Tête Jaune Cache : Mont Robson.
J’en profite pour faire un nouvel arrêt : une énième chute d’eau. Elles sont toutes différentes et aussi belles.
Arrivé un peu tard pour faire la randonnée au lake Berg qui dure plusieurs heures, je trouve une place pour dormir pas trop loin du chemin de fer. Quand le train passe, c’est très long, ça fait un peu de bruit mais ça va.
Le lendemain tôt, j’arrive sur les lieux de la randonnée du Kinney Lake, et devinez qui je rencontre sur le parking ?
Un couple d’ours !! C’est d’ailleurs un gros ours brun ainsi qu’un grizzly (regardez bien ses griffes !). Ca vaut toujours la peine de se lever tôt dans ce pays, c’est là qu’on croise les ours. Je les observe depuis ma voiture, ils cherchent tranquillement de la nourriture et sont assez passifs.
Je commence ainsi la randonnée vers le premier lac qui fait 4 kilomètres, aller seulement. Le chemin est sympa, un torrent d’une couleur bleue turquoise défile à toute allure à côté de moi.
Seul soucis, les moustiques sont de la partie et ne me lâchent pas d’une semelle :( Dès que je m’arrête pour prendre une photo, ils sont déjà 5-6 à me sauter dessus, je dois alors continuer ma route ou subir forcément un grattage féroce de la peau en quelques secondes.
Le spéctable en vaut le coup, j’arrive enfin au niveau du lac qui reflette la montagne Robson légèrement enneigée.
Les moustiques ne me lâchent pas d’une semelle, je prends quelques photos mais ils ont gagné, je fais marche arrière.